Fin août, les colonies de guêpes et de frelons atteignent leur pic de population. Dans le Var, cette réalité est encore plus marquée qu’ailleurs : le climat méditerranéen prolonge la période d’activité des nids jusqu’en novembre, bien au-delà de ce que l’on observe dans la plupart des autres départements français. Pour les jardiniers, cela signifie une vigilance à maintenir sur une durée inhabituellement longue.
Un département sous pression, entre espèces locales et frelon asiatique
Le Var cumule plusieurs facteurs qui favorisent l’installation des nids : maquis, forêts de pins, zones périurbaines denses, tous ces environnements offrent des conditions idéales aux guêpes communes, aux frelons européens et, depuis 2012, au frelon asiatique (Vespa velutina). Cette espèce invasive, introduite accidentellement en France au début des années 2000, s’est propagée à vitesse impressionnante et représente aujourd’hui une menace sérieuse pour les colonies d’abeilles locales, avec des pertes estimées à 12 millions d’euros par an pour la filière apicole française.
Un nid de frelon asiatique ressemble à une grosse boule grisâtre en papier mâché, souvent perchée en hauteur dans les arbres, parfois dissimulée sous un abri de jardin ou dans une haie épaisse. En fin de saison, ces structures peuvent atteindre un mètre de diamètre et abriter jusqu’à 5 000 individus. Si vous observez un va-et-vient régulier d’insectes autour d’un vieux tronc, d’un volet roulant ou d’un abri, le nid est rarement loin. Pour la destruction de nids de guêpes et frelons dans le Var, des techniciens couvrent l’ensemble du département, des zones littorales comme Toulon ou Hyères jusqu’aux communes de l’arrière-pays.
Ce que la loi impose désormais aux particuliers
Depuis 2025, le cadre réglementaire a profondément évolué. Le décret n°2025-320 rend obligatoire la déclaration de tout nid de frelon asiatique repéré sur un terrain privé ou public, et impose l’intervention d’un professionnel certifié dans un délai de sept jours. Ne pas signaler un nid identifié peut exposer le propriétaire à une amende allant jusqu’à 1 500 euros. En 2026, les départements ont été classés en quatre niveaux de densité pour adapter les stratégies de lutte, entre destruction systématique et piégeage de printemps.
Agir seul reste non seulement risqué, mais désormais illégal pour les nids de frelons asiatiques. Les tentatives maison, qu’elles impliquent des pesticides de jardin ou de l’eau bouillante, n’éliminent pas la colonie et peuvent rendre les insectes encore plus agressifs. Les professionnels disposent d’équipements adaptés, de produits biocides homologués et, pour les nids en hauteur, de perches télescopiques ou de drones caméra.
Quelques réflexes simples pour protéger son jardin
La prévention reste le premier niveau d’action. Fermer hermétiquement les bacs à compost, ramasser les fruits tombés au sol, boucher les fissures des abris et volets avant le printemps : ces gestes limitent l’attrait du jardin pour les colonies en quête d’un site d’installation ou de nourriture. Lors des repas en extérieur, couvrir les boissons sucrées réduit significativement les contacts non désirés. Et si une guêpe rôde, mieux vaut ne pas l’écraser : les phéromones libérées peuvent alerter et exciter les autres membres de la colonie.
Face à un nid confirmé ou suspecté, la bonne démarche reste la même : tenir ses distances, signaler, et laisser agir un professionnel. Dans le Var plus qu’ailleurs, avec une saison active qui s’étire et un frelon asiatique bien implanté, la prudence n’est pas superflue.

